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Îlots de chaleur : ce qu’une commune peut faire pour ses bâtiments

L’été, le centre d’une ville ou d’un bourg reste plus chaud que la campagne voisine, surtout la nuit. Écoles, crèches, mairies et salles en subissent les effets. Une commune ne changera pas le climat, mais elle a la main sur ses sols, ses arbres et ses bâtiments. Voici par où commencer.

Définition

Qu’est-ce qu’un îlot de chaleur urbain ?

Un îlot de chaleur urbain est une zone bâtie où l’air est plus chaud que dans les espaces ruraux ou boisés alentour. L’écart se voit surtout la nuit : la campagne se refroidit après le coucher du soleil, la ville beaucoup moins. En période de canicule, il peut atteindre plusieurs degrés.

Ce n’est pas réservé aux grandes villes. Une place minérale, un grand parking, une cour d’école bitumée ou une zone commerciale forment, à leur échelle, des points chauds dans un bourg.

Pour les bâtiments, la conséquence est directe : des nuits chaudes empêchent de les rafraîchir. La ventilation nocturne, l’un des meilleurs moyens d’évacuer la chaleur accumulée le jour, marche moins bien quand l’air du dehors reste chaud.

Les causes

  • Les sols minéraux : bitume, béton et pavés stockent la chaleur du soleil le jour et la rendent la nuit.
  • Les matériaux sombres : ils absorbent davantage le rayonnement. On parle d’albédo, la part du rayonnement solaire qu’une surface renvoie : faible pour un enrobé sombre, élevée pour une surface claire.
  • Le manque de végétation et d’eau : un arbre fait de l’ombre, et les plantes comme les sols en pleine terre rafraîchissent l’air en évaporant de l’eau. C’est l’évapotranspiration.
  • La forme des rues : des rues étroites entre des façades hautes piègent le rayonnement et freinent le vent.
  • La chaleur des activités : circulation, industrie, et climatiseurs qui rejettent dehors la chaleur qu’ils retirent des bâtiments.

À l’échelle de la commune

Lutter contre les îlots de chaleur : les leviers

Une commune agit sur l’espace public, sur ses bâtiments et sur les règles d’urbanisme. Les leviers les plus sûrs sont simples : de l’ombre, de la pleine terre, des surfaces claires.

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Planter des arbres

Des arbres à feuilles caduques font de l’ombre l’été et laissent passer le soleil d’hiver, une fois les feuilles tombées. Devant les façades sud et ouest, ils protègent aussi les bâtiments.

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Désimperméabiliser

Remplacer le bitume par de la pleine terre, de l’herbe ou des revêtements perméables : parkings, places, cours d’école. Le sol garde l’eau de pluie et rafraîchit l’air en séchant.

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Des toitures claires

Une toiture claire renvoie une grande partie du soleil. L’effet est net sous une toiture peu isolée ; sur une toiture bien isolée, il profite surtout à l’air de la rue.

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Des toitures végétalisées

Avec un substrat épais et une réserve d’eau (toiture dite intensive), elles rafraîchissent par évapotranspiration. Un substrat mince sèche vite en été et rafraîchit moins. À vérifier : la charge admissible, l’arrosage, l’entretien.

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Protéger les bâtiments

Protections solaires extérieures, ventilation de nuit, brasseurs d’air : les écoles et les équipements passent en premier, parce qu’ils accueillent les publics les plus sensibles à la chaleur.

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Les règles d’urbanisme

Le plan local d’urbanisme peut imposer une part de pleine terre ou de surfaces végétalisées dans les projets, et éviter de créer de nouveaux points chauds.

Le référentiel confort d’été retient un écart de 2 à 3 °C entre espaces minéraux et espaces végétalisés, et note la toiture végétalisée +++, à condition d’un substrat épais et d’une réserve d’eau.

Et la climatisation ?

Un climatiseur rafraîchit l’intérieur en rejetant la chaleur dehors : multiplié, il réchauffe la rue. On le garde pour les locaux qui en ont vraiment besoin, une fois les autres leviers en place.

Les bâtiments communaux

Écoles, mairies, salles : protéger les bâtiments

Dans un îlot de chaleur, un bâtiment reçoit la chaleur par trois chemins : le soleil sur ses vitrages et sa toiture, l’air chaud qui entre, et la chaleur produite à l’intérieur. Les leviers suivent le même ordre que pour une maison :

  1. Arrêter le soleil avant les vitres : protections extérieures, automatisées dans les bâtiments vides le matin ou le week-end. Voir le comparatif brise-soleil, volets, stores.
  2. Traiter les toitures : isolation, couleur claire, végétalisation quand la structure le permet. Voir isoler contre la chaleur.
  3. Évacuer la chaleur la nuit : ouvrants sécurisés contre l’intrusion et la pluie, ou surventilation mécanique programmée quand l’air extérieur est plus frais que l’intérieur.
  4. Limiter la chaleur produite à l’intérieur : éclairage, informatique, appareils en veille, réseaux d’eau chaude mal isolés.
  5. Ressentir moins chaud : des brasseurs d’air dans les salles occupées.
  6. Climatiser en dernier recours, au plus juste, les locaux qui accueillent les plus fragiles.

Le détail pour les écoles, les crèches et les mairies est dans notre guide canicule : rafraîchir une école, une crèche ou une mairie.

Voir le référentiel

Prioriser

Par où commencer : une étude avant les travaux

Une commune a rarement le budget pour tout traiter la même année. L’étude sert à classer les bâtiments et les solutions, pour dépenser d’abord là où le gain est le plus grand.

Pour les bâtiments les plus sensibles, la simulation thermique dynamique (STD) modélise le bâtiment pièce par pièce et calcule sa température heure par heure, avec un fichier météo et l’occupation réelle. On compare les solutions avant d’en payer une.

Si le bâtiment relève du décret tertiaire (à partir de 1 000 m² de surfaces tertiaires), chaque climatisation ajoutée pèse aussi sur les objectifs de baisse de consommation : une raison de plus pour commencer par les solutions passives.

  1. Recenser : les bâtiments occupés quand il fait chaud (écoles, crèches, accueils de loisirs, salles, mairie, logements pour personnes âgées).
  2. Repérer les points chauds : salles sous toiture, façades vitrées à l’ouest, cours bitumées, constructions légères ou préfabriquées. Les plaintes des occupants et quelques relevés de température en disent déjà beaucoup.
  3. Étudier les bâtiments les plus sensibles, par une STD si besoin.
  4. Programmer les travaux, en commençant par les solutions les plus efficaces pour le moins cher.

Questions fréquentes

Îlots de chaleur urbains : vos questions

Qu’est-ce qu’un îlot de chaleur urbain ?

C’est une zone bâtie où l’air est plus chaud que dans la campagne ou les bois alentour, surtout la nuit. Les sols minéraux, les matériaux sombres et le manque de végétation en sont les principales causes.

Îlot de chaleur et canicule, quelle différence ?

La canicule est un épisode météo : de fortes chaleurs, de jour comme de nuit, pendant plusieurs jours. L’îlot de chaleur est une caractéristique de la ville, présente tout l’été. Pendant une canicule, il l’aggrave, surtout en empêchant la chaleur de retomber la nuit.

Comment lutter contre les îlots de chaleur dans une commune ?

En plantant des arbres, en remplaçant le bitume par de la pleine terre, en éclaircissant ou en végétalisant les toitures, et en protégeant les bâtiments communaux. Une étude aide à choisir par où commencer.

Une toiture végétalisée rafraîchit-elle un bâtiment ?

Oui, si elle reste humide : un substrat épais avec une réserve d’eau rafraîchit par évaporation. Un substrat mince sèche en été et rafraîchit peu. La structure doit pouvoir porter la charge, et il faut prévoir l’arrosage et l’entretien.

Une commune peut-elle acheter le référentiel par bon de commande ?

Oui. Appelez Jean-François au 06 28 35 32 23 : il établit la facture à réception du bon de commande et vous envoie le fichier par e-mail.

Notre rôle

Ce que Jean-François fait pour les communes

Jean-François Gadouin, thermicien à Épinal, a réalisé plus de 3 500 études depuis 2010. Il étudie les bâtiments qui surchauffent, compare les solutions et vous dit lesquelles financer en premier. EFFI MAIT est référencé Climaxion : pour savoir si des travaux peuvent être aidés, renseignez-vous auprès des conseillers Climaxion de la Région. Sur les marchés publics, Jean-François intervient aussi pour l’analyse des offres, le suivi de chantier et la réception.

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Un interlocuteur unique, Jean-François Gadouin, pour vos études RE2020 et PHPP et vos pièces de DCE.